Leon Sagy

Le Maître des Terres Mêlées

CÉRAMISTES ET FAÏENCIERS

Léon Sagy, né à Apt le 11 avril 1863 et décédé dans cette même ville le 30 avril 1939, était un céramiste français de renommée internationale. Il est reconnu pour avoir révolutionné son métier en développant la technique des terres mêlées. Ses œuvres ont marqué l’histoire des faïenceries d’Apt et de Provence, particulièrement entre le XIXe et le XXe siècle.

Biographie

Léon Sagy est né dans une famille de céramistes. Son père, également dans le métier, l'encourage à se former auprès de Bernard de La Croix, l'un des derniers grands faïenciers industriels d'Apt. C’est dans cet atelier, où l’on délaissait peu à peu les formes et décors traditionnels de la faïence aptésienne, que Sagy découvre les innovations des arts décoratifs de l'époque : néo-Renaissance, néo-baroque, Art nouveau, japonisme, émaux à l'éponge, et le goût pour l’Antique.

En 1877, à seulement 14 ans, il vend son premier vase. Après sa formation, il poursuit un périple qui le conduit chez les céramistes renommés tels que Massier à Vallauris, Pichon à Uzès et Louis Sicard à Aubagne. Bien que sollicité pour partir à Rio de Janeiro, où Esbérard fils créait une faïencerie, Sagy choisit de rester en France et ouvre son propre atelier sur le quai du faubourg de Bellet à Apt, aujourd’hui renommé en son honneur.

C’est dans cet atelier qu’il développe sa technique des terres mêlées, d’abord jaspés, avant de faire évoluer ce langage vers des terres mêlées à décor flammé (cf photo en bas à droite). Ce travail novateur contribue grandement à sa notoriété. En 1925, il reçoit le grand prix de l'Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes à Paris, et en 1926, le prix du ministère des Beaux-Arts à Digne. En décembre 1938, lors de l’exposition artisanale des métiers français à Nice, il remporte le grand prix d’honneur, et en 1939, il obtient le grand prix du concours international des industries et nouveautés. Ces distinctions lui valent d’être reconnu comme premier ouvrier de France.

Outre ces prestigieuses récompenses, Léon Sagy est nommé officier de l’Instruction publique en 1934, puis officier de la Légion d’honneur en 1936. Il devient également membre du comité des arts appliqués de Marseille.

Les créations de Léon Sagy, notamment ses vases et objets décoratifs en terres mêlées et flammées, sont particulièrement remarquables. En 2010, une exposition au château de La Tour-d’Aigues met en lumière son œuvre, présentant ses moules, archives et outils. Plusieurs de ses pièces sont conservées au musée national de Céramique à Sèvres.

Il décède le 30 avril 1939, victime d’une embolie dans son atelier, où son corps ne sera découvert que plusieurs jours plus tard.

NB : Le « flammé » : deux réalités techniques distinctes

Le terme « flammé » est à l’origine de nombreuses confusions, car il a été utilisé pour désigner deux procédés différents, tous deux présents dans l’œuvre de Léon Sagy.

1/ Le flammé de dessin, issu des terres mêlées

Dans de nombreuses pièces, Léon Sagy organise les terres mêlées de manière volontaire afin de former des motifs évoquant des flammes, souvent ascendantes.

Il s’agit ici :

  • d’un travail dans la pâte,

  • d’un décor intentionnel,

  • visible dans toute l’épaisseur de la pièce.

On devrait donc parler de terre mêlée à décor flammé.
C’est ce type de production qui a durablement associé le nom de Léon Sagy au terme flammé, au point de le présenter comme son inventeur — affirmation qui n’est exacte que pour ce flammé de dessin dans la pâte, et non pour le flammé de glaçure.

2/ Le flammé de glaçure, pratiqué comme dans d’autres ateliers de son temps

Parallèlement, Léon Sagy réalise également — comme Henri Bernard de la Croix, les Massier et de nombreux faïenciers de son époque — des pièces à effets de glaçure flammée.

Dans ce cas :

  • l’effet est de surface,

  • il naît à la cuisson,

  • par réactions chimiques de l’émail,

  • et demeure partiellement aléatoire.

Ce flammé de glaçure n’est ni spécifique à Sagy ni inventé par lui. Il s’inscrit dans une pratique largement partagée à la fin du XIXᵉ et au début du XXᵉ siècle.